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Catherine Gillet, graveur
Paroles d'Artistes, France Fine Art
par Anne-Frédérique Fer, juin 2014

Gravure contemporaine :
le thème du temps

entretien avec Louis-René Berge,
par Marianne Durand-Lacaze,
sept. 2012,

 Entretien radiophonique
sur canal-académie

avec Marianne Durand-Lacaze, en 2008

 

Autre entretien où l'on parle de mon travail :
"La gravure en mouvement..."

 

 

 

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dans Arts & métiers du livre (2015)
article de
Marianne Durand-Lacaze

Pensées liquides
texte de Maxime Préaud (2014)

Essences mères
texte de Alexis Gloaguen (2008)

Gravure tenace
texte de Claude Bureau (2007)

Au départ…

Il y a ce goût pour le corps, la peau, la chair, les bribes, les cicatrices et plis secrets, mémoires invisibles et indélébiles. C'est ce qui me porte et me pousse dans mes recherches : les traces du temps sur le vivant.

Souvent ombres et lumières se cherchent, se parlent…

Dire sans dire, montrer sans montrer, changer d'espace, d'échelle.

 

Graver, dessiner.

Pour moi graver c'est un peu se perdre pour se trouver.

La gravure au burin m’apporte ceci de précieux : la conjugaison de la lenteur et de l’urgence, mariage improbable qui, comme un révélateur, amène à un dépassement de soi. Urgence des formes qui demandent à naître, laisser trace.

Vivre dans le sentiment que tout est décousu et pourtant lié, inexorablement .

Le temps glisse. La surprise de vivre étreint.

La dualité comme terreau.

La lenteur choisie de la gravure au burin amène à un mûrissement souterrain de tout cela, impossible à anticiper. Il y a des gestes concis, parfois minuscules, ou au contraire amples, toujours un voyage dans le temps, les sens en éveil.

Travail en aveugle, des mois sans savoir, car je ne réalise aucune épreuve tant que la suite de gravures en cours n’est pas terminée, tant que je n’ai pas épuisé ce que je devais donner et que j'ignorais.

Et puis, le pincement au cœur, indispensable indice que ce miroir qu’est l’estampe est prêt pour aller à la rencontre d’autres regards.

Le dessin, en apparence plus spontané, avec une prédilection pour des papiers japonais fins et veloutés comme une carnation, est un terrain d'expériences plus libre qui par les jeux de superpositions des traits, de transparence parfois, fait aborder la thématique qui me guide avec l'âme du voyageur.

Peau paysage, métaphores d’un corps habité de joies et douleurs mêlées, immémoriales, invisibles, tactiles.

L'espace et le temps s'articulent alors avec une saveur particulière.

 

C. Gillet

 

 


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